Sous-location à Genève
Sous-louer votre appartement à Genève pendant votre absence
Absence temporaire ou départ définitif, accord du bailleur, sous-loyer, responsabilités : ce qu'il faut savoir avant de sous-louer, et comment nous trouvons votre sous-locataire.
Une mission à l'étranger, une année d'études dans une autre ville, un long séjour professionnel : vous partez, mais vous comptez revenir. Dans ce cas, vous n'êtes pas obligé de renoncer à votre appartement genevois, ni de le confier à un inconnu sans rien vérifier. La sous-location est faite pour cela, à condition de la mettre en place dans les règles.
Absence temporaire ou départ définitif : la question à trancher d'abord
Vue de l'extérieur, la sous-location ressemble à une reprise de bail. En droit, ce sont deux opérations distinctes, qui n'ont pas les mêmes effets.
- Vous revenez à une date prévisible : c'est une sous-location (art. 262 CO). Votre nom reste sur le bail, une autre personne occupe le logement pour une période définie, et vous en reprenez l'usage à votre retour.
- Vous ne revenez pas : c'est une reprise de bail, que le locataire sortant appelle aussi remise de bail (art. 264 CO). Un repreneur est présenté au bailleur et, si les conditions légales sont réunies, vous êtes libéré de vos obligations.
Ce choix compte plus que tout le reste. La loi ne fixe aucune durée maximale à la sous-location, mais la jurisprudence la réserve à l'absence temporaire. Le Tribunal fédéral considère comme un abus de droit la sous-location totale du locataire qui a perdu toute intention de réoccuper le logement dans un avenir prévisible : il n'y voit plus une sous-location, mais une substitution de locataires (ATF 138 III 59 ; TF 4A_521/2021, affaire genevoise). Le bailleur peut alors, après une protestation écrite restée sans effet, résilier le bail par un congé extraordinaire, avec un délai de trente jours au moins pour la fin d'un mois (art. 257f al. 3 CO).
Si vous hésitez sur votre retour, posez-vous la question franchement avant de chercher un sous-locataire. Le guide Quatre opérations que l'on confond compare la résiliation, la reprise, la sous-location et le transfert de bail.
En sous-location, vous restez le locataire
C'est le point qui mérite d'être lu deux fois. Pendant toute la sous-location, le bailleur n'a qu'un cocontractant : vous. Le sous-locataire est lié à vous, pas à la régie. Concrètement :
- Le loyer reste dû par vous, en entier et à l'échéance, que votre sous-locataire vous paie ou non.
- Vous répondez de l'usage du logement. L'art. 262 al. 3 CO vous rend garant envers le bailleur de ce que le sous-locataire n'emploie la chose qu'à l'usage autorisé par le bail.
- L'état du logement reste votre affaire. À la fin de votre propre bail, c'est vous qui rendrez l'appartement et qui répondrez des dégâts dépassant l'usure normale (art. 267 CO), y compris ceux survenus pendant votre absence.
- Votre garantie de loyer reste en place et continue de garantir les prétentions du bailleur.
- Vous restez l'interlocuteur de la régie pour toute question liée au bail.
Rien de cela ne rend la sous-location déconseillée. Cela fait seulement du choix du sous-locataire l'essentiel de la démarche : une personne sympathique sans dossier vérifié n'est pas une économie, c'est un risque que vous portez seul pendant toute votre absence.
L'accord du bailleur : ce que la loi prévoit
Le consentement est obligatoire
L'art. 262 al. 1 CO permet au locataire de sous-louer tout ou partie du logement avec le consentement du bailleur. Une sous-location ne s'organise donc pas discrètement entre vous et l'occupant.
Le bailleur ne peut refuser son consentement que pour l'un des trois motifs de l'art. 262 al. 2 CO :
- vous refusez de lui communiquer les conditions de la sous-location ;
- ces conditions sont abusives par rapport à celles du bail principal ;
- la sous-location lui cause des inconvénients majeurs.
Communiquer les conditions signifie, en pratique, indiquer qui occupera le logement, pour quelle durée et à quel sous-loyer. La loi n'exige pas d'accord écrit, mais une demande écrite et une réponse écrite restent la meilleure preuve. La révision qui aurait imposé un consentement écrit et permis au bailleur de refuser une sous-location de plus de deux ans a été rejetée en votation populaire le 24 novembre 2024 : le texte de l'art. 262 CO est resté inchangé.
Ne pas demander l'accord n'est pas un simple oubli de forme. Selon le Tribunal fédéral, lorsque le locataire n'a pas sollicité le consentement alors que l'un des motifs de refus était réalisé, le maintien du bail est réputé insupportable pour le bailleur, ce qui ouvre la voie au congé extraordinaire de l'art. 257f al. 3 CO après une protestation écrite (TF 4A_521/2021).
Le sous-loyer ne doit pas devenir une source de profit
Le sous-loyer se compare au loyer du bail principal, et non aux loyers du quartier. Un supplément peut se justifier, par exemple si vous laissez le logement meublé. Un sous-loyer nettement supérieur, en revanche, rend les conditions abusives et justifie le refus du bailleur. Pour une chambre sous-louée, le Tribunal fédéral a jugé manifestement abusif un écart de 30 % par rapport au loyer calculé par pièce sur le bail principal, corrigé selon les prestations fournies (ATF 119 II 353). Il a aussi admis que le bailleur peut exiger la restitution du profit lorsque le locataire savait ou devait savoir que sa sous-location était illicite, même si le sous-locataire ne s'était jamais plaint (TF 4A_211/2016).
Logement subventionné : vérifiez avant toute démarche
Si votre appartement relève de la loi genevoise sur le logement (HBM, HLM, HM), la situation est différente. Le règlement d'exécution de cette loi interdit toute sous-location, complète ou partielle, et en fait un motif de résiliation du bail (art. 5 al. 3 RGL) ; le service compétent peut exiger du propriétaire qu'il résilie le bail (art. 31B al. 1 LGL). L'administration cantonale ne tolère, à des conditions strictes, que la mise à disposition d'une chambre à une personne en formation. Sous-louer tout le logement pendant votre absence est donc exclu dans un logement subventionné : il faut alors envisager la résiliation ou la reprise de bail.
La garantie que vous demandez au sous-locataire
Si vous demandez une garantie à votre sous-locataire, la loi genevoise sur les garanties des locataires s'applique aussi à la sous-location (art. 8 LGFL). La garantie en espèces ou en valeurs doit être constituée en dépôt bloqué, auprès d'une banque choisie par le sous-locataire ou de la caisse de consignation de l'État (art. 1 LGFL). Elle ne peut dépasser trois mois de loyer (art. 2 LGFL ; art. 257e al. 2 CO), et vous devez la déposer dans les dix jours si vous la recevez directement (art. 3 LGFL). Elle ne se retire ensuite qu'avec la double signature, ou sur commandement de payer ou jugement exécutoire (art. 4 LGFL).
Si vous ne revenez pas, la sous-location ne résout rien
Lorsque votre départ n'a pas de date de retour, la sous-location ne fait que reporter le problème, tout en vous laissant responsable d'un logement que vous n'occupez plus. La voie adaptée est alors la reprise de bail : l'art. 264 CO vous libère si vous présentez un candidat solvable, que le bailleur ne puisse raisonnablement refuser, et disposé à reprendre le bail aux mêmes conditions. Contrairement à la sous-location, une reprise valable ne vous laisse aucune responsabilité solidaire avec le repreneur.
Les conditions de cette libération, la manière de présenter un candidat et ce qui relève de la loi ou de la pratique des régies genevoises sont détaillées dans le guide Partir avant la fin de votre bail à Genève. Si vous partez à l'étranger ou si votre mission à Genève prend fin, les pages Quitter la Suisse et Fin de mission à Genève traitent ces cas particuliers. Pour un logement meublé ou un bail à durée déterminée, voyez Bail meublé ou à durée déterminée.
Ce que nous faisons pour trouver votre sous-locataire
Remisedebail.ch est un service de Home Location, agence immobilière genevoise qui a remis plus de 1000 baux depuis 2019 et accompagne aussi la sous-location courte et longue durée. La recherche d'un sous-locataire suit la même méthode qu'une reprise de bail, appliquée à une occupation temporaire.
- Analyse de votre situation. Votre dossier est traité en 24 heures. Nous examinons avec vous si votre projet relève de la sous-location ou de la reprise de bail.
- Annonce. Nous rédigeons et publions l'annonce sur les portails immobiliers genevois ; les demandes nous parviennent directement.
- Vérification des dossiers. Chaque candidature est examinée avec les justificatifs de revenus et l'extrait du registre des poursuites avant de vous être présentée. Les candidats non retenus reçoivent une réponse.
- Visites. Nous les planifions et nous les menons : vous n'avez pas à faire visiter votre logement dans les semaines qui précèdent votre départ.
- Demande au bailleur. Nous rédigeons avec vous le courrier à la régie, avec les conditions de la sous-location et le dossier du candidat, et nous l'envoyons pour vous si vous le souhaitez.
- Contrat et suivi. Nous vous accompagnons jusqu'à la signature du contrat de sous-location. Une fois parti, vous pouvez nous donner procuration pour agir sur place, notamment pour les clés, les visites et les rendez-vous, avec un suivi par e-mail.
Pour une sous-location, nos conditions sont convenues avec vous avant tout travail. Le bonus de remerciement ne s'applique pas à la sous-location.
Si votre situation relève finalement d'une reprise de bail, le service est sans frais pour le locataire sortant, car la remise de bail s'inscrit dans une activité plus large : chaque recherche nous met en relation avec des personnes qui cherchent un logement à Genève et avec des propriétaires du canton. Vous pouvez en outre recevoir un bonus de remerciement de 300 CHF si votre remise de bail aboutit, lorsque vous nous confiez l'exclusivité de votre dossier pendant deux semaines ; les autres conditions figurent sur la page Bonus de remerciement.
Pour nous décrire votre logement, vos dates de départ et de retour, utilisez le formulaire de demande ou écrivez-nous.
Sources
- Code des obligations, art. 257e, 257f, 262, 264 et 267.
- Tribunal fédéral : ATF 119 II 353 ; ATF 138 III 59 ; arrêts 4A_211/2016 du 7 juillet 2016, 4A_332/2016 du 20 septembre 2016, 4A_162/2020 du 25 juin 2020 et 4A_521/2021 du 3 janvier 2023.
- Règlement d'exécution de la loi générale sur le logement (RGL, rsGE I 4 05.01), art. 5 al. 3 ; loi générale sur le logement et la protection des locataires (LGL, rsGE I 4 05), art. 31B.
- Articles 1 à 4 et 8 de la loi genevoise protégeant les garanties fournies par les locataires (LGFL, rsGE I 4 10).
- État de Genève, page « Occuper un logement subventionné : conditions et obligations » (mise à jour du 17 décembre 2025).
- Votation fédérale du 24 novembre 2024 sur la modification du Code des obligations relative à la sous-location (rejetée).
- P. Terrapon, 12e Séminaire sur le droit du bail, Neuchâtel 2002.
État du droit au 12 octobre 2026. Cette page est une information générale de droit du bail. Elle ne remplace ni la lecture de votre contrat et de ses conditions générales, ni un conseil juridique individuel.
FAQ — Foire aux questions
Faut-il l'accord écrit de la régie pour sous-louer son appartement à Genève ?
Il faut le consentement du bailleur (art. 262 al. 1 CO), mais la loi n'exige pas qu'il soit écrit. La révision qui aurait imposé un consentement écrit a été rejetée en votation le 24 novembre 2024. Demandez-le néanmoins par écrit, en indiquant qui occupera le logement, pour quelle durée et à quel sous-loyer : c'est votre meilleure preuve. Le bailleur ne peut refuser que pour les trois motifs de l'art. 262 al. 2 CO.
Combien de temps peut-on sous-louer son appartement ?
La loi ne fixe aucune durée maximale. La jurisprudence réserve toutefois la sous-location à l'absence temporaire : sous-louer la totalité d'un logement que l'on n'a plus l'intention de réoccuper dans un avenir prévisible constitue un abus de droit (ATF 138 III 59 ; TF 4A_521/2021) et expose à un congé extraordinaire (art. 257f al. 3 CO). Si vous ne revenez pas, la voie adaptée est la reprise de bail (art. 264 CO).
Puis-je demander un sous-loyer plus élevé que mon loyer ?
Un supplément peut se justifier par les prestations fournies, par exemple un logement meublé. Un sous-loyer nettement supérieur au loyer du bail principal rend en revanche les conditions abusives et permet au bailleur de refuser son consentement (art. 262 al. 2 CO ; ATF 119 II 353). Le bailleur peut aussi exiger la restitution du profit lorsque le locataire savait ou devait savoir que sa sous-location était illicite (TF 4A_211/2016).
Qui paie le loyer à la régie pendant la sous-location ?
Vous. Le locataire principal reste seul débiteur du loyer envers le bailleur, que le sous-locataire le paie ou non, et il répond envers le bailleur de l'usage que fait le sous-locataire du logement (art. 262 al. 3 CO). Votre garantie de loyer reste en place pendant toute la durée de votre bail.
Peut-on sous-louer un logement subventionné à Genève ?
Non pour l'ensemble du logement. Dans les immeubles soumis à la loi genevoise sur le logement (HBM, HLM, HM), toute sous-location, complète ou partielle, est interdite et constitue un motif de résiliation (art. 5 al. 3 RGL ; art. 31B LGL). Seule la mise à disposition d'une chambre à une personne en formation est tolérée, à des conditions strictes. Si vous partez sans revenir, envisagez la résiliation ou la reprise de bail.
Héberger un proche, est-ce une sous-location ?
En principe non. Accueillir votre conjoint, votre partenaire, vos enfants ou des amis n'est ni une sous-location ni un prêt à usage, tant que le logement n'est pas suroccupé. En revanche, lorsqu'un enfant adulte, envers lequel vous n'avez pas de devoir d'entretien, s'installe et prend en charge une part du loyer, il y a bien sous-location (TF 4A_521/2021).
Votre service est-il sans frais pour une sous-location ?
Pour une sous-location, nos conditions sont convenues avec vous avant tout travail, et le bonus de remerciement ne s'applique pas. Si votre situation relève d'une reprise de bail, le service est sans frais pour le locataire sortant, car la remise de bail s'inscrit dans une activité plus large : chaque recherche nous met en relation avec des personnes qui cherchent un logement à Genève et avec des propriétaires du canton.
Décrivez-nous votre logement et vos dates d'absence
Indiquez votre date de départ et votre date de retour : nous examinons avec vous si votre projet relève de la sous-location ou de la reprise de bail. Votre dossier est traité en 24 heures.
