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Récupérer sa garantie de loyer : délai, retenues et état des lieux

Compte bloqué à votre nom, délai d'un an, retenues admises ou non, rôle de l'état des lieux : comment récupérer votre garantie de loyer, à Genève en particulier.

Remettre mon bail

Au moment de quitter un logement, beaucoup de locataires se demandent s'ils récupéreront leur garantie de loyer. Ce guide explique où se trouve cet argent, qui peut le débloquer et quand, ce qui peut en être retenu, et pourquoi l'état des lieux de sortie est décisif. Comme nos autres guides de la reprise de bail, il distingue ce que dit la loi de ce que pratiquent les régies.

Où se trouve votre garantie de loyer

Lorsque vous avez fourni une garantie en espèces ou en papiers-valeurs, le Code des obligations impose au bailleur de la déposer auprès d'une banque, sur un compte d'épargne ou de dépôt ouvert au nom du locataire (art. 257e al. 1 CO). Pour un logement, elle ne peut pas dépasser trois mois de loyer (art. 257e al. 2 CO).

Genève va plus loin. La loi cantonale protégeant les garanties fournies par les locataires (LGFL, rsGE I 4 10) exige que toute garantie en espèces ou en valeurs, versée par vous ou par un tiers pour vous, soit constituée sous la forme d'un dépôt bloqué, dans un établissement bancaire dont le choix vous appartient. Le bailleur qui reçoit des espèces doit les déposer dans les dix jours, faute de quoi il doit vous les rendre avec intérêts (art. 1 à 3 LGFL).

Votre bailleur ne détient donc pas votre garantie : elle est bloquée sur un compte à votre nom, et aucune des deux parties ne peut se servir seule.

Qui peut la débloquer, et à quelles conditions

Le droit fédéral prévoit trois voies, et trois seulement (art. 257e al. 3 CO) :

  1. L'accord des deux parties. C'est le cas ordinaire : l'état des lieux s'est bien passé, rien n'est dû, et la régie signe avec vous l'ordre de libération.
  2. Un titre. La banque restitue aussi la garantie sur la base d'un commandement de payer non frappé d'opposition ou d'un jugement exécutoire.
  3. L'écoulement du temps. Si, dans l'année qui suit la fin du bail, le bailleur n'a fait valoir aucune prétention contre vous dans une procédure judiciaire, une poursuite ou une faillite, vous pouvez exiger de la banque qu'elle vous restitue la garantie.

La loi genevoise va dans le même sens. Le retrait exige la double signature du bailleur et du locataire, ou une décision judiciaire ; sans votre accord, le bailleur ne peut obtenir le versement de tout ou partie de la garantie que sur présentation d'un commandement de payer exécutoire ou d'un jugement exécutoire vous condamnant à lui payer une somme liée au bail (art. 4 LGFL). Et sans action judiciaire du bailleur dans le délai d'une année à compter de la date à laquelle vous avez libéré les locaux, la garantie est « de plein droit débloquée » (art. 5 LGFL).

Le point de départ du délai d'un an. Le Code des obligations parle de la fin du bail, la loi genevoise de la date à laquelle le locataire a libéré les locaux. Ces deux dates coïncident le plus souvent. Si vous avez quitté le logement après la fin du bail, la doctrine retient la date la plus tardive. En cas de doute, comptez depuis celle-ci.

Si la régie attend un décompte avant de signer

Une régie peut souhaiter attendre le décompte annuel de chauffage et de frais accessoires avant de cosigner. C'est une question d'accord entre vous, pas un droit de prélever : sans l'un des titres mentionnés ci-dessus, le bailleur ne peut rien retirer seul (art. 257e al. 3 CO ; art. 4 LGFL). Demandez par écrit la date prévue du décompte et proposez, au besoin, de libérer dès maintenant la part de la garantie qui n'en dépend pas.

La garantie n'est pas une avance sur votre loyer

La banque détient jusqu'à trois mois de loyer : pourquoi payer le dernier ? Parce que ce n'est pas le même argent. La garantie sert à couvrir les prétentions du bailleur ; selon la doctrine, elle ne vous donne aucune créance que vous pourriez compenser avec vos derniers loyers, sauf si le bailleur ne l'a jamais déposée à la banque. Cesser de payer vous expose à une mise en demeure, puis à une résiliation pour retard de paiement (art. 257d CO), et crée précisément la dette qui pourra ensuite être prélevée sur la garantie. Payez jusqu'au terme, puis traitez la garantie à part.

Ce qui peut être retenu, et ce qui ne peut pas l'être

La ligne de partage vient d'une seule règle : vous devez restituer le logement dans l'état qui résulte d'un usage conforme au contrat (art. 267 al. 1 CO). Vous ne devez pas rendre un logement identique à celui que vous avez reçu.

Ce qui peut vous être réclamé :

  • un loyer impayé, et le solde éventuel des frais accessoires une fois le décompte établi ;
  • les dégâts qui dépassent l'usure normale : un plan de travail fendu, une brûlure dans le parquet, une vitre cassée ;
  • les éléments du logement qui manquent, y compris des clés ;
  • la remise en état après des travaux faits sans le consentement écrit du bailleur, que la loi exige (art. 260a al. 1 CO) ; il peut en principe la demander, dans les limites de l'abus de droit.

Ce qui ne peut pas vous être réclamé :

  • l'usure normale d'un logement habité : une peinture ternie, un parquet patiné aux endroits de passage, des traces légères derrière les meubles ;
  • le vieillissement des installations. L'usure s'apprécie selon la durée de vie moyenne de chaque élément. Dans un arrêt de 2020, le Tribunal fédéral a limité la part des locataires à la valeur restante d'une peinture d'une durée de vie de huit ans, soit 21 % après un bail de six ans et quatre mois (TF 4A_162/2020) ;
  • les défauts qui existaient à votre arrivée, que le procès-verbal d'entrée sert à établir ;
  • la remise en état de travaux que le bailleur avait acceptés, sauf s'il en a été convenu par écrit (art. 260a al. 2 CO).

Deux règles complètent ce tableau. Un forfait de nettoyage ou de peinture fixé d'avance dans le bail, indépendamment de tout dommage, est attaquable : la loi déclare nulle toute convention conclue avant la fin du bail qui prévoit une indemnité couvrant autre chose qu'un dommage éventuel (art. 267 al. 2 CO). Et c'est en principe au bailleur qui réclame une indemnité de prouver le défaut, le fait qu'il dépasse l'usure normale et son coût (art. 8 CC) ; les tables de durée de vie ne sont qu'un repère, que chacun peut discuter dans son cas.

L'état des lieux de sortie, là où se joue votre garantie

Lors de la restitution, le bailleur doit vérifier l'état du logement et vous aviser immédiatement des défauts dont vous répondez. S'il ne le fait pas, vous êtes déchargé de toute responsabilité, sauf pour les défauts que les vérifications usuelles ne permettaient pas de découvrir, qu'il doit vous signaler immédiatement après leur découverte (art. 267a CO).

« Immédiatement » n'est pas chiffré par la loi. Selon la doctrine reprise par le Tribunal fédéral, cela signifie en règle générale deux ou trois jours ouvrables après la restitution, voire une semaine selon les circonstances ; un avis donné trois semaines ou un mois après la remise des locaux est en principe tardif (TF 4A_388/2013, affaire genevoise). L'avis doit en outre être motivé et précis, défaut par défaut : une case « usure excessive » cochée ne suffit pas, et le procès-verbal ne vaut avis que s'il désigne les défauts qui vous sont imputés et qu'il vous est remis (TF 4A_162/2020).

Retenez trois gestes. Remettez tous les jeux de clés, doubles compris : laisser le logement vide ne suffit pas à le restituer. Lisez le procès-verbal avant de le signer et notez votre désaccord à côté de chaque point contesté. Gardez-en un exemplaire, avec des photographies datées. Le déroulement du rendez-vous est détaillé dans notre guide de l'état des lieux de sortie à Genève.

Garantie de loyer et reprise de bail

La garantie ne passe pas au repreneur. Le compte est ouvert à votre nom et il le reste. La personne qui reprend votre bail constitue sa propre garantie, comme l'explique notre guide pour reprendre un bail à Genève ; la vôtre vous est restituée selon les règles exposées ci-dessus, le délai d'un an courant en principe dès la date à laquelle vous avez été valablement libéré.

Être libéré de votre bail par la présentation d'un repreneur (art. 264 CO) ne vous décharge pas des défauts qui dépassent l'usure normale : l'état des lieux de sortie reste réservé. Mais le Tribunal fédéral a précisé, dans une affaire genevoise portant sur des locaux commerciaux et fondée sur des règles qui valent aussi pour les logements, que la restitution des locaux est indépendante de la fin effective du bail : même si la régie conteste encore votre libération, elle doit vérifier les lieux et vous aviser des défauts dès la remise de toutes les clés, faute de quoi elle perd ses droits. Le simple fait d'accepter ensuite un état des lieux organisé plus tard n'a pas été considéré comme une renonciation à invoquer son retard (TF 4A_388/2013). La procédure complète est exposée dans notre guide pour partir avant la fin de votre bail à Genève.

Cas particuliers

  • Assurance de garantie de loyer. Elle n'est pas un dépôt bancaire au sens de l'art. 257e CO : sa libération suit d'abord le contrat de l'assureur. À Genève, lorsqu'elle prend la forme d'un cautionnement, la loi cantonale lui applique par analogie les règles de retrait (art. 4 al. 3 LGFL). Lisez vos conditions de contrat.
  • Colocation. Selon la doctrine, la demande de libération auprès de la banque fait partie des actes que les colocataires accomplissent ensemble. Organisez-la avant que chacun ne parte de son côté. Voir aussi quitter une colocation à Genève.
  • Logement subventionné. Dans les immeubles HBM, HLM, HCM et HM, les contrats-types annexés au règlement d'exécution de la loi générale sur le logement (rsGE I 4 05.01, édition 2011) prévoient que le bailleur ne peut exiger des sûretés qu'à titre exceptionnel, si des circonstances particulières le justifient et avec l'autorisation du service compétent. Vérifiez ce que prévoit votre propre bail.
  • Départ à l'étranger. Votre départ ne change rien aux règles de libération. Communiquez à la régie et à la banque une adresse et des coordonnées bancaires à jour avant de partir. Voir quitter la Suisse : résilier ou remettre son bail.

Demander la restitution : la marche à suivre

  1. Après l'état des lieux Demandez par écrit à la régie de signer l'ordre de libération, en joignant une copie du procès-verbal.
  2. Si elle formule des retenues Demandez le détail de chaque montant, défaut par défaut, et vérifiez qu'il ne s'agit pas d'usure normale.
  3. En cas de désaccord La voie est la Commission de conciliation en matière de baux et loyers du canton de Genève, à saisir avant toute action judiciaire.
  4. Si la régie ne réagit pas et qu'une année s'est écoulée depuis la fin du bail et la libération des locaux sans action du bailleur, adressez-vous directement à la banque.

Modèle de courrier à la banque :

Madame, Monsieur,

Je suis titulaire du compte de garantie de loyer n° [numéro], constitué pour le logement sis [adresse]. Le bail a pris fin le [date], et j'ai libéré ce logement le [date].

Plus d'une année s'est écoulée depuis ces dates sans que le bailleur ait fait valoir de prétention contre moi dans une procédure judiciaire, une poursuite ou une faillite. Je vous prie en conséquence de me restituer le montant de la garantie, intérêts compris, sur le compte [IBAN], conformément à l'article 257e alinéa 3 du Code des obligations et à l'article 5 de la loi genevoise protégeant les garanties fournies par les locataires.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.

À envoyer en recommandé, avec une copie à la régie. Adaptez ce courrier à votre situation ; il ne vaut pas conseil juridique.

Ce que nous faisons, et ce que nous ne faisons pas

Remisedebail.ch est le service de reprise de bail de Home Location, à Genève : plus de 1000 baux remis depuis 2019. Nous ne gérons pas votre garantie de loyer : nous ne sommes pas la banque, nous ne tranchons pas ce qui relève de l'usure normale et nous ne vous représentons pas devant la Commission de conciliation. Nous menons votre reprise de bail jusqu'à l'état des lieux de sortie ; si vous êtes déjà parti, nous agissons sur place sur procuration (clés, visites, rendez-vous), avec un suivi par e-mail.

Service sans frais pour le locataire sortant, car la remise de bail s'inscrit dans une activité plus large : chaque recherche nous met en relation avec des personnes qui cherchent un logement à Genève et avec des propriétaires du canton. Bonus de remerciement de 300 CHF si votre remise de bail aboutit, lorsque vous nous confiez l'exclusivité de votre dossier pendant deux semaines (conditions du bonus). Pour commencer, décrivez-nous votre logement et votre date de départ : votre dossier est traité en 24 heures.

Sources

  • Code des obligations, art. 257d, 257e, 260a, 264, 267, 267a et 273 ; Code civil, art. 8.
  • Articles 1 à 5 de la loi genevoise protégeant les garanties fournies par les locataires (LGFL, rsGE I 4 10).
  • Contrats-types de bail pour appartements HBM, HLM, HCM et HM, édition 2011 (annexes 2 à 5 du RGL, rsGE I 4 05.01).
  • Tribunal fédéral : arrêts 4A_388/2013 du 7 janvier 2014 et 4A_162/2020 du 25 juin 2020.
  • B. Foex, « Les sûretés et le bail à loyer », 12e Séminaire sur le droit du bail, Neuchâtel 2002 ; P. Terrapon, 12e Séminaire sur le droit du bail, Neuchâtel 2002 ; K. Grobet Thorens, « La restitution anticipée et le transfert de bail », 2022 ; P. Dietschy-Martenet, « Les colocataires de baux d'habitations ou de locaux commerciaux », 19e Séminaire sur le droit du bail, Neuchâtel 2016.

État du droit au 12 octobre 2026. Cette page est une information générale de droit du bail. Elle ne remplace ni la lecture de votre contrat et de ses conditions générales, ni un conseil juridique individuel.

FAQ — Foire aux questions

Dans quel délai la régie doit-elle me rendre ma garantie de loyer ?

La loi ne fixe aucun délai à la régie pour signer. La banque restitue la garantie avec l'accord des deux parties, sur commandement de payer non frappé d'opposition ou sur jugement exécutoire. Si, dans l'année qui suit la fin du bail, le bailleur n'a fait valoir aucune prétention contre vous dans une procédure judiciaire, une poursuite ou une faillite, vous pouvez demander vous-même la restitution à la banque (art. 257e al. 3 CO). À Genève, la garantie est débloquée de plein droit sans action judiciaire du bailleur dans l'année qui suit la date à laquelle vous avez libéré les locaux (art. 5 LGFL).

Puis-je ne pas payer mon dernier loyer puisque la régie a ma garantie ?

Non. La garantie couvre les prétentions du bailleur ; elle n'est pas une avance de loyer et, selon la doctrine, ne vous permet pas de compenser vos derniers loyers, sauf si le bailleur ne l'a jamais déposée à la banque. Un loyer impayé vous expose à une mise en demeure et à une résiliation (art. 257d CO), et pourra ensuite être prélevé sur la garantie.

La régie peut-elle me faire payer la peinture de tout l'appartement ?

Pas pour l'usure normale. Vous ne répondez que de ce qui dépasse un usage conforme au contrat (art. 267 al. 1 CO), et l'usure s'apprécie selon la durée de vie des installations. Le Tribunal fédéral a ainsi limité la part des locataires à 21 % de la valeur d'une peinture d'une durée de vie de huit ans, après un bail de six ans et quatre mois (TF 4A_162/2020). Un forfait de peinture fixé d'avance dans le bail est attaquable (art. 267 al. 2 CO).

En cas de reprise de bail, ma garantie passe-t-elle au repreneur ?

Non. Le compte est ouvert à votre nom (art. 257e al. 1 CO) et aucune disposition légale ne prévoit son transfert. Le repreneur constitue sa propre garantie ; la vôtre vous est restituée selon les règles habituelles, une fois l'état des lieux de sortie réglé.

La régie m'a envoyé une liste de dégâts trois semaines après l'état des lieux. Est-ce valable ?

En principe, c'est tardif. Le bailleur doit vous aviser immédiatement des défauts lors de la restitution (art. 267a CO), ce qui signifie en règle générale deux ou trois jours ouvrables, voire une semaine selon les circonstances. Un avis donné trois semaines ou un mois après la remise des locaux est en principe tardif (TF 4A_388/2013), sauf pour les défauts que les vérifications usuelles ne permettaient pas de découvrir. Si l'état des lieux a eu lieu bien après la remise des clés, c'est la date de remise des clés qui compte.

Que faire si la régie refuse de signer la libération ?

Demandez-lui par écrit le détail de chaque retenue. En cas de désaccord, saisissez la Commission de conciliation en matière de baux et loyers du canton de Genève. Si la régie n'engage aucune action dans l'année qui suit la fin du bail et la libération des locaux, adressez-vous directement à la banque en invoquant l'art. 257e al. 3 CO et l'art. 5 LGFL.

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